Encore trop de préjugés sur les Vins, en France .

La richesse de la France viti-vinicole réside dans la superbe diversité de ses Terroirs . En effet, sur une si petite superficie, quasiment tous les styles de Vins sont produits . On reproche à certains, en général avec raison, leur manque de singularité et leur piètre qualité . Je souhaitais par ce billet m’exprimer sur quelques secteurs, à mon sens, non encore reconnus à leur juste valeur .

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Ma vision du Vin, à travers ma (dé)formation professionnelle, a toujours été motivée par la recherche de singularité d’un lieu/site où l’oeuvre Humaine a permit d’exprimer la quintessence de son environnement . C’est plus que jamais ma quête et me nourri régulièrement de chacune de ces “ différences “ .
Sans vouloir “ enfoncer des portes ouvertes “ , je regrette que dans notre beau pays, à cause de réputations ayant la Vie dure, nous nous privions de belles définitions de Terroirs et, par extension, de belles émotions à table .13227514_777561599010238_4631727869392423199_o
J’expose mon ressenti à travers deux points précis :
J’aime débuter par le vignoble du Val de Loire . En effet, de la Nièvre jusqu’à la Loire Atlantique, et ce sur 70000 ha répartis sur 14 départements, cette région me passionne . La sincérité et diversité de ses Vins représente un véritable atout pour l’amateur sans que les tarifs ne flambent .
Le vignoble du Muscadet compte environ 9200 ha . Malheureusement relégué au rang de Vin de soif et de comptoir, je regrette qu’il perde l’attention des amateurs éclairés . Le cépage Melon de Bourgogne, dont il est issu, présente une des plus belles singularités que l’on puisse trouver . Dans sa définition la plus aboutie, il fleure l’iode, la pistache et le végétal fin et se pare, après quelques années d’évolution d’une complexité minérale portée sur la pierre à fusil et d’amers de toute beauté .
un Pur régalJ’ai vécu à table une de mes plus belles émotions au restaurant L’Atlantide de mes Amis Nathalie et Jean Yves Guého, à Nantes . A l’époque, encore situé dans les locaux de la CCI . Cette association entre le Bar de ligne, beurre d’algue et chou pointu magnifié par la complexité minérale de ce superbe Muscadet de Sèvre et Maine sur lie Le “ L “ d’Or 1998 du Domaine Pierre Luneau Papin m’a laissée un souvenir impérissable . Le vin ne cessait de souligner et rehausser la chair du poisson et tenait la dragée haute à la texture fondante et iodée de la sauce . Un pur régal !!!
Accusé de tous les maux, le vignoble du Beaujolais souffre d’une réputation détestable . Effectivement, encore aujourd’hui, on constate des pratiques culturales abusives, des modes de vinifications très/trop technologiques et, forcément, un résultat “ caricatural “ . Ajouter à cela une commercialisation massive “ en primeur “ qui ne cesse de rajouter de l’huile sur le feu, le cocktail est détonnant .
Pourtant, ce vignoble me passionne !!! Tout d’abord, il jouit d’un panorama privilégié . L’ayant parcouru il y a quelques mois, je ne m’en lasse toujours pas . Je considère le Gamay Noir à Jus Blanc comme un des cépages les plus fins de France où, tantôt sur terroir granitique qu’argilo-calcaire voir basé sur des veines de schistes à manganèse, constitue une des plus belles adéquations que l’on puisse trouver dans l’hexagone . 13248594_777564395676625_4126601186694003302_o
Toujours à coeur de me concentrer sur la minorité compétente des Vignerons, j’ai eu le privilège de découvrir les Vins du Château des Bachelards à Fleurie, où, depuis début 2014, Madame Alexandra de Vazeilles, exquise propriétaire d’une des plus belles bâtisses du Rhône, remet au goût du jour les grandes définitions des Crus locaux . Biodynamiste convaincue, elle exprime avec beaucoup de classe et de profondeur l’éclat de Saint Amour, Moulin à Vent et Fleurie .
A table, la connivence suave et pulpeuse entre son Fleurie Le Clos 2014 et la chair tendre, dense et goûteuse de la superbe épaule d’agneau proposée ce jour me conforte dans l’idée que, chaque secteur viti-vinicole, s’il est reconnu à sa juste valeur, respecté, conduit et maîtrisé dans les règles de l’art, est capable de rendre le profil le plus précis de son environnement .
Vous l’avez compris, j’ai horreur des généralités . Le domaine du Vin, plus que jamais, nous montre combien il existe de personnes “ singulières “ capables à elles seules de faire tomber la barrière des préjugés . Nous devrions, en France, savoir nous en persuader plus souvent .
Pascal LEONETTI

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